Les emballages comestibles : Ils s’invitent à notre table

Les emballages comestibles et biodégradables seraient une solution pour en finir avec les emballages alimentaires toxiques et difficiles à recycler. C’est pourquoi les chercheurs se mobilisent pour mettre au point ces nouveaux emballages.

Cette innovation des emballages comestibles, me fait un peu penser à Willy Wonka et sa grande chocolaterie. Willy Wonka, c’est le patron de l’usine de confiseries, dans « Charlie et la chocolaterie », roman de Roald Dahl adapté à l’écran par Tim Burton. Dans son usine, tout se mange ! Les machines, les murs, et même l’herbe sur laquelle on marche. Eh bien avec les emballages comestibles, on n’en est pas très loin.

Mais qu'est ce que les emballages comestibles ?
Les emballages comestibles

La production de déchets : Un constat alarmant

La production mondiale de déchets représente de 3,4 à 4 milliards de tonnes par an selon les estimations. Chaque jour, l’activité humaine produit environ 10 milliards de kilos de déchets (hors agriculture et construction).

En France, chaque année un habitant produit plus de 540 kg d’ordures par an dont 23% d’emballages alimentaires. Ces emballages regorgent de substances nocives pour notre santé, parmi elles le bisphénol A, dangereux perturbateur endocrinien. Les emballages peuvent aussi s’avérer difficiles à recycler notamment ceux en plastique.

Et si la solution pour conserver nos aliments venait tout simplement de la nature ?

Un emballage qui s’inspire du fonctionnement des cellules biologiques

Créer des emballages qui imitent la nature, c’est l’idée de David Edwards, professeur à Harvard et inventeur des Wikicells.

Selon lui “l’emballage de demain devrait être basé sur la structure et le fonctionnement de la cellule biologique”.

C’est le cas des grains de raisins qui sont dotés d’une peau imperméable qui préserve les particules d’eau.

Déjà inventeur du Whif (chocolat, café ou thé vert à inhaler), du Whaf (un générateur de nuages de saveurs), de lAeroshot (un pulvérisateur de caféine) et du WAAH (un spray donnant l’impression d’être ivre), David Edwards a donc décidé de concurrencer la nature en inventant l’emballage naturel.

Inspiré par ce processus naturel, David Edwards a mis au point un emballage que l’on peut manger ou peler comme un fruit. Cet emballage est composé de particules naturelles (framboise séchée, menthe, chocolat en poudre) gélifiées par des ions de calcium ou de magnésium et couplés à des molécules consommables dalginate ou de chitosan.

Les différents types d'emballages comestibles
Les différents types d’emballages comestibles

La société américaine, Wikipearl, fabrique des yaourts dont on peut manger le pot

Ce n’est pas un pot, en fait, l’emballage cosmétible a plutôt la forme d’une boule, de la taille d’une balle de ping-pong environ. On croque dedans, la peau éclate et laisse s’échapper le yaourt. C’est très étonnant.

L’enjeu est bien sûr de réduire les déchets en limitant la production de plastique, d’emballage. La bonne idée, c’est que la peau est faite à partir d’algues et qu’on peut la laver avant de manger. On rince son yaourt à l’eau, comme on le ferait  avec une pomme ou du raisin. Vous trouverez aussi de la glace, de la soupe ou de fromage sous forme de boule à la peau comestible. Cette peau peut être parfumée à tous les goûts (spéculoos, chocolat …)

wikipearl
Wikipearl

Mais sera-t-on un jour prêt à manger les emballages ?

Non, répondent les études de marché. Dans ce domaine, si les industriels veulent que ça marche, il semble urgent de se pencher sur les barrières psychologiques des consommateurs.
En effet, c’est 100% comestible, 100% biodégradable, 100% compostable. Mais 100% pas très appétissant !
Tous les aliments ressemblent à des boules gélatineuses et même si le goût est préservé, on perd le plaisir de se couper un bout de fromage, de sucer un esquimau sur son bâton ou de jouer au barman avec les bouteilles.

Les emballages comestibles sont donc une véritable solution aux problèmes environnementaux actuels, mais les consommateurs ne semblent pour l’instant pas vraiment emballés par cette nouveauté.

@emelineparisot